Ma première fois…
mardi 18 mars 2008 à 13:13Cette rubrique permet aux rédacteurs de Livegen de raconter une de leurs premières fois de leur choix, en rapport avec le jeu vidéo. De quoi apprendre à les connaître sous un autre jour, sans pour autant être abreuvé de détails privés…
Ma première fois avec ma Colecovision
- Par Angel -
On dit de certains qu’ils sont tombés dedans quand ils étaient petits. Je pense être de cette race-là. Non pas que je me nourrisse essentiellement de sangliers, mais tout simplement de pixels. Et aux prémices de mes tapotis sur les gros pads de l’époque, c’étaient vraiment de gros pixels.
Là où la plupart ont commencé avec la NES ou Megadrive, je fis mes premières dents, au propre comme au figuré, sur la cultissime Colecovision peu de temps après sa sortie en 1982. Quelques années plus tard, les consoles de Sega et Nintendo deviendraient à mes yeux des next-gen en puissance, moi qui m’adonnait encore avec un plaisir non dissimulé à Zaxxon ou Gorf au moment de la commercialisation des 8 bits. Mais qu’avait donc cette console pour provoquer en moi un tel émoi ? Au final, c’était, je le pense encore, l’ancêtre de la Wii. Un contrôleur atypique, des accessoires des plus immersifs (ah, ces Super Controllers en forme de gant de boxe ou ce volant avec pédales !) et un line-up des plus efficaces. Citons notamment Donkey Kong, Lady Bug, Frenzy ou encore Rocky, une pluralité qui se révèlera être un excellent moyen pour se détendre en famille.
A l’heure d’aujourd’hui, il m’arrive encore de renouer avec le plaisir d’entendre ces magnifiques bandes-sonores en mono, des mélodies toujours gravées en moi, des parties endiablées à tenter de rosser le grand-frère. Toutes ces sensations ont indéniablement posé les bases du joueur que je suis à l’heure actuelle. On remet ça ?
Pour en savoir plus : Wikipédia ou cette page.
Ma première révélation de ma dépendance au jeu
- Par Yaka -
Il faisait frais mais beau en ce vendredi de décembre. La nuit qui venait de s’achever m’avait semblé bien trop longue, comme s’annonçait cette journée. Depuis deux semaines déjà je guettais chaque page de publicité à la télévision, le doigt sur la télécommande du magnétoscope, prêt à enregistrer le moindre dixième de seconde de ce fantasme vidéoludique. Depuis trois ans déjà je bavais sur les images de magazines, pourtant seulement ramassis de pixels ne représentant aucune anatomie féminine. Mais en ce jour l’insoutenable attente allait enfin être récompensée. Ma mère, brieffée et bien dressée, devait me ramener au lycée et se rendre au Leclerc voisin dès son ouverture afin de se procurer ma drogue. Le timing était bien calculé, ne restait plus que l’exécution du plan, dont je ne pourrais juger la réussite que le soir lors de mon salutaire retour à la base. Imaginez mon impatience, proportionnelle aux témoignages de victoire ou de défaite (provisoire) de mes camarades. Imaginez également ma cruelle déception le soir venu face à la dure réalité de la vie : The Legend of Zelda : Ocarina of Time ne m’attendait pas près de la console. S’ensuivit un samedi matin difficile, plein de lames enfoncées dans mes plaies purulentes, au côté des plus chanceux, ceux que j’avais auparavant osé appeler “mes amis”. L’horreur de cette matinée ne sut être supplantée que par celle de l’après-midi de recherche active mais qui ne me proposa comme palliatif qu’une réservation pour le samedi suivant.
S’écoula donc une nouvelle semaine. Je ne saurais dire comment, mais elle s’écoula. Plongé dans une phase extatique qui m’interdisait toute lucidité quant à ma situation, je ne sus diagnostiquer ma maladie. Ce ne fut que le samedi, dans ce mélange de joie, de tremblements, d’excitation et de soulagement provoqués par la prise en main du précieux sésame que je me rendis compte de la situation : j’étais un drogué du jeu vidéo. Je l’avais lu dans les yeux du vendeur, pourtant habitué, lorsque j’avais très maladroitement tenté de lui fournir les quelques billets qu’il me demandait en échange de son paradis artificiel. Je l’avais vu dans le sourire en coin, à la fois amusé et inquiet, de ma génitrice qui encore une fois m’avait accompagné dans les pires épreuves de la vie. Enfin, je l’avais vu dans mon incapacité à tenir correctement la manette les premières minutes de jeu, alors que j’avais tant de fois répété ce moment.
Depuis ce jour, je ne suis plus le même. Je connais mon addiction, j’en suis donc moins l’esclave. Enfin… c’est ce qu’elle me laisse croire.