Les gamers parlent aux gamers
Les propos tenus n’engagent que l’auteur de ce billet d’humeur (qui comporte plusieurs degrés de lecture).
- Par Melkor -
Cela va bientôt faire trois ans que l’on nous bourre le mou avec les casual gamers. Big N et ses deux consoles qui ne valent pas un clou niveau graphismes sont arrivés comme si de rien n’était, nous ont gratifiés d’un magnifique : “Le jeu c’est pour tout le monde”, et voilà que nos mères se mettent à jouer avec nous. Si j’avais su qu’il était aussi aisé de faire en sorte qu’elles nous lâchent la grappe, j’aurais énoncé cette phrase débile au possible il y a déjà quelques années. Si toi aussi, qui te dit hardcore gamer ou PGM, tu ne comprends pas ce qui est arrivé à ton cher monde, je vais tenter de t’éclairer un peu. Je ne cherche pas à te faire entendre raison, mais plus à te faire comprendre et accepter tant bien que mal cette lobbie envahissante !
Remarque dans un premier temps que cela ne marche qu’avec les esprits faibles que sont les femmes, puisque rares sont les paternels qui ont gobé la moindre miette des dires de Sakaguchi. Afin de ravaler en partie mon désarroi face à un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, je me suis quelque peu penché sur ces nouveaux jeux que je ne peux pas supporter plus de dix minutes. Ma conclusion, que je t’offre avec plaisir aujourd’hui, est sans appel : il n’y a qu’un non-joueur pour se laisser attirer par de tels titres.
Tout d’abord, la question inévitable qui se pose est de savoir qui sont ces casuals. Pour faire bref, si tu t’es mis à jouer avec l’apparition des Brain Academy et consorts alors que tu étais réfractaire à toute forme de jeu vidéo avant, il y a de fortes chances pour que tu sois un casual. Passe tout de suite ton chemin, je ne m’adresse pas à toi présentement. Je passerai sous silence, par respect pour nos ainés, les personnes qui dénigraient à longueur de journée leurs enfants parce qu’ils s’abrutissaient devant une console, et qui en sont maintenant réduites à suivre chaque jour un programme d’entraînement débile afin d’avoir l’illusion qu’ils ont un cerveau de jeune. Si l’on se contente d’une traduction littérale du terme, “casual gamer” signifie “joueur occasionnel”. Ce groupe englobe donc les personnes qui jouent de temps en temps, sans jamais finir un jeu (ou très rarement), pour se détendre après le boulot par exemple.
C’est ici que ton esprit perd soudainement le fil de la discussion, s’enlisant de plus en plus profondément dans une philosophie de jeu qui n’est pas la tienne et qui te semble totalement incompréhensible. Pourquoi donc se prendre la tête sur un titre si c’est pour ne pas le finir ? Cela serait comme se taper 3h30 de Apocalypse Now et arrêter trente minutes avant la fin parce qu’il est l’heure d’aller se coucher. Je vais te sortir de ta torpeur et faire fonctionner les restes d’un cerveau qui part en lambeaux à force de voir trop de Locustes exploser, jeune hardcore gamer ! Les jeux pour casual sont créés pour ne pas être terminés. Non, cela n’est pas dû au fait qu’il faille deux cent heures de jeu avec un guide stratégique pour être gratifié d’un succès “jeu fini à 100%”, mais plutôt à celui qu’il n’y a aucun véritable but dans ce nouveau genre. Il te suffit de jeter un oeil sur l’entrainement cérébral du docteur Kawasashi, ou encore sur Nintendogs pour comprendre ce que j’essaie de t’inculquer.
La nouvelle lubie des développeurs consiste à créer des produits auxquels on joue dix ou vingt minutes par jour, régulièrement et pendant une période prolongée. L’intérêt du jeu ne tient alors que dans le suivi proposé par l’éditeur pour vous tenir au courant de votre évolution. Au final, ces titres sont souvent à vocation ludo-éducative. La masturbation intellectuelle est après tout l’une des premières préoccupations des non-joueurs. Combien de fois t’es-tu entendu dire : “Lâche ta manette et vas lire un peu de Zola, tu vas devenir débile !” ? Voilà maintenant que ceux-là même qui te critiquaient à longueur de temps se sont mis à jouer avec l’illusion que cela va faire marcher leur cerveau. Tu fais des maths toute la journée en cours, et c’est un peu plus élaboré que des multiplications non ?
Maintenant que tu as à peu près assimilé le principe du casual et les excuses bidons qu’il a trouvées pour s’immiscer dans le pays du bonheur, tu dois certainement te demander comment de tels jeux peuvent bien marcher. Je me suis également posé la question et j’en ai encore tiré quelques petits enseignements. Le casual est crédule et naïf, évoluant dans un féroce univers qu’il ne connait pas bien. Après avoir vu de foudroyants progrès dans sa manière de réfléchir en jouant au premier épisode de l’Entraînement Cérébral, il va bien entendu aller acheter le second, plus efficace. Avec le Programme d’Entraînement Avancé, il aura l’incroyable chance d’effectuer des divisions sur sa console. Le casual se fiche de l’innovation et de la nouveauté, malgré quelques efforts consentis pour s’insérer dans la société. Tu peux donc le prendre pour une vache à lait, l’assécher de ses précieux roubles sous prétexte d’un apport exceptionnel qui n’est en fait rien qu’une version 1.5 d’un produit existant.
Tu comprends peut-être mieux pourquoi les développeurs ont eu l’incroyable idée de se mettre sur un tout nouveau marché. A force de nous prendre pour des débiles profonds, les grands éditeurs ont perdu pas mal d’entre nous en route. Peut-être que nous aussi avons fait preuve de naïveté à une époque, mais cela est aujourd’hui fini. Ils ont donc trouvé leur nouvelle arlésienne en ce public inexpérimenté et forcément très peu exigeant sur le produit qu’on lui livre. Tant mieux pour nous, tant pis pour les casual qui ne veulent toujours pas entendre raison lorsqu’on leur explique tout cela. C’est ici que je te laisse, joueur respectable, je retourne sur WoW, j’ai une instance qui m’attend. Au moins, ma mère me fout la paix maintenant !




10 mars 2008 à 18:23
Waouw, je comprends pourquoi on appelle cet article un billet d’humeur ! Et je suis complètement d’accord avec toi Melkor, laissez le jeu aux joueurs (les vrais) et concentrez vos efforts afin de nous sortir des bons softs sur Next-Gen. Laissez les joueurs (toujours les vrais) enrichir les développeurs en achetant leurs bons softs sur consoles Next-Gen et retournez sur vos Gym des yeux et autres…
Le jeu vidéo n’est plus ce qu’il était…
10 mars 2008 à 21:46
Hum. Je rentre parfaitement dans la définition que tu donnes du casual gamer puisque je joue de temps en temps et que généralement je ne finis pas les jeux (mais un jour j’arriverai à finir le dernier niveau de Super Mario Bros… ou pas).
Sauf que ça voudrait dire que les casuals gamers existaient déjà il y a 13 ans, qu’en plus ils sont capables d’acheter 6 consoles de jeux, et que Nintendogs et Entrainement Cérébral et cie, ne les intéressent pas forcément.
Je crois surtout que les “Gamers” sont tellement blasés par le jeu vidéo qu’ils ne sont plus capables de se contenter de sélectionner leurs jeux parmi les genres qui leur plaisent (qui dans les old-gen achetait tous les jeux ???) et voudraient avoir le monopole du marché… (ça me saoûle quand je vois les gens râler sur les sorties alors que la quantité de jeux qui sortent est énorme, parfois même avec des sorties mondiales, alors qu’à mon époque, on avait 3 bons jeux qui se battaient en duel chaque mois…).
Merci de ne pas me lancer de pierres, c’est pas la peine, je les évite
11 mars 2008 à 6:53
Je rejoins l’avis de Zaz, le “casual” n’est pas nouveau… déja je déteste les termes casual et hardcore gamers….
Je me considère moi aussi comme un casualgamer, car je ne passe pas toutes mes soirées sur un jeu, que je peux passer 15 jours sans allumer ma console, pourtant les Cerebral Academy, Dr Kawashima, ou tout party game qui s’illustre bien en ce moment ne m’intéressent pas…
Que ce soit coté éditeurs que joueurs : à trop vouloir cataloguer les gens et les genres, on en vient à faire et dire n’importe quoi
12 mars 2008 à 9:34
Je suis du même avis que Zaz et Fusuke, il faut faire très attention au terme Casual Gamer.
En effet, nous pouvons tous être des Casuals Gamers, du fait de notre indisponibilité liée à notre vie personnelle, ont ne sera pas forcement 15 heures par jours sur un jeu, à y passer une nuit blanche dessus.
Ça nous arrive parfois de ne pas finir un jeu, nous somme donc des Casual Gamer.
Et je pense que les Hardcore Gamer comme ils aiment s’appeler, ne sont pas si nombreux, ou fourrer 24/24 sur WoW.
Le terme le plus approprier pour cette nouvelle génération de Gamers serait justement, New Gamer, ceux qui achète pour se mettre dans le mouv’, ceux qui veulent faire “djeuns” et qui joue a des jeux clairement pour passer le temps et déstresser et non pas pour vivre véritablement une aventure, se plonger dedans avec passion.
Après, on aime ou on aime pas, mais c’est pareil, moi je n’aime pas ce genre de jeu, tourné vers la facilité, l’argent facile, avec un concept à deux balles, mais je n’aime pas non plus rester devant ma télé le pad à la main pendant toute une nuit.
C’est une question de point de vu, ni plus ni moins.
18 mars 2008 à 16:11
Bien d’accord avec les commentaires
Bon bien sur le billet est fait pour faire réagir mais il y a qd mm un pti coté elitiste, genre maintenant qu’on est plus les exclus/epileptiques/mauvais garcon, vous trouvez ca moche ?
Enfin sachant que tu joues a WoW je ne peux que rire
ca c’est de la vrai merde, a un niveau quasi identique que gym des yeux… et mm en + vicieux vu qu’a priori ca entre dans la catégorie “hardcore lamerz.. gamerz”
23 mars 2008 à 13:06
“puisque rares sont les paternels qui ont gobé la moindre miette des dires de Sakaguchi.”
Sakaguchi est le créateur de final fantasy et n’a rien à voir avec nintendo ou le casual gaming, pourquoi le citer dans cette phrase?
Tu parles également du programme d’entrainement cérébral du docteur kawasaki, c’est kawashima il me semble.
Nintendo a fait venir les non joueurs, sur sa DS principalement, pour attirer un maximum de gens, ce qu’avait tenté de faire sony avec sa ps2 et probablement sa ps1 et qui avait très bien marché, seulement à l’époque on ne critiquait pas les joueurs ne jouant qu’à pes ou fifa ou tout jeu de voiture ou de sport …
D’ailleurs visiblement tu joues sur Wow, un jeu très grand publique, une sorte de mmorpg pour casual, dans lequel les HCG se félicitent de pouvoir tuer du casual, enfin si tu veux un jeu skillé stop wow tout de suite, ce n’est vraiment pas le cas ;). (ancien joueur “no life” de wow).
1 avril 2008 à 20:24
personnellement, je suis de la generation gamer, je suis né en 1973, j’ai eu atari , zx 81, commodore 64, amstrad cpc 464, megadrive, et PSONE. J’ai maintenant une wii et une DS pour moi et une pour ma fille.
J’ai toujours aimé les jeux vidéos, j’aimais aussi les sorties entre potes et les jeux de societés avec des adversaires humains. je joue actuellement beaucoup à la wii et la DS, mais sans jamais oublier que le réel contact humain. je trouve cette guerre entre casual et hard gamers inutile. Si les hard gamers ne voient en nintendo rien de follichon, et bien, qu’ils n’y jouent pas et se tournent vers la 360 ou la PS3. Arretons de taper sur big N qui donne enfin la possibilité de jouer à des jeux accessibles, droles et sympaset qui en plus permettent de jouer ensemble à de petits jeux courts sur une soirée, un apero, un moment libre, une envie de rigoler entre pote.
Je suis aussi un geek, je passe beaucoup de temps sur mes ordis, au grand dam de ma femme. Mais personnellement je n’adheres pas aux consoles “next-gen”(PS3 et 360) qui n’apportent, à mon avis, rien de plus que leurs précédentes versions. Elles n’ont q’un graphisme extraordinaire, mais en terme de jeu, elles n’innovent nullement. La 360 n’est rien autre qu’un PC uniquement pour le jeu, la PS3 est une plateforme multimedia extraordinaire, par contre une pietre console de jeux. La wii est juste une console de jeux qui permet de jouer. voilà les joueur veulent jouer, et big N leur a permis de jouer ou d’apprendre à jouer differement. Pour une fois cette guerre des consoles pourrait permettre à tous les gens qui aiment jouer de quelque maniere que ce soit, d’etre enfin d’accord sur le fait que, pour une fois en plus de 20 ans, une manette et un ecran plaisent à tout le monde.
en résumé, que les hard gamers jouent comme à leurs habitude, mais ils pourraient au moins accepter que leurs parents ou prochent aient leur propre console console correspondant à leurs envies et besoins. nous avons enfin un monde video-ludique tout public et c’est une bonne nouvelle.
2 avril 2008 à 23:44
Cher hardcore gamer (remarque qu’il n’y a pas de majuscule…)
Tu es stupide.
Vraiment.
Ou alors es-tu trop jeune…
Mais en tout cas tu es assez bête pour labeler ton article “à plusieurs degrés de lecture”. Il n’y en a pas deux. A moins qu’on ne m’explique où est, au moins, le deuxième.
Peut-être écris-tu cet article pour provoquer, ce qui est très idiot. Franchement, dans le genre on a fait mieux. Mais sinon, la lecture de ce billet montre clairement une tendance politique clairement conservatrice, voire pire.
Tu es la stagnation. Tu représentes l’immobilisme. Tu ne comprends pas la moitié du commencement du phénomène que tu observes.
Je suis heureux que de nombreuses personnes structurent leurs réponses autour du thème “mais voyons, sois réaliste!”
Moi je te dis “tailles-toi les veines dès maintenant, car c’est pas fini”.
C’est une mélodie différente, mais le message est le même. Si tu ne sais pas gérer le succès d’une de tes passions, trouve-toi un autre hobby. Dans la vie, tu vas être confronté à de nombreuses désillusions de ce type, et va falloir encaisser un peu mieux, au lieu de rire au nez de ta petite sœur.
La révolution casual est en marche, et même si je regrette le temps où j’attendais avec fébrilité la sortie de PC kID 2 en import jap, rien ne sera jamais mieux que de faire un bowling Wiisport avec ma mère, mon père et ma tante. Il y a des choses plus importantes que les jeux vidéo dans la vie.
Réveille-toi.
PS : Et Wow c’est pas casual bien hype, ça?
19 avril 2008 à 23:33
Je me rallie complètement au commentaire de Jusensei, qui a formulé au mieux ma pensée. Comme lui je cherche encore les degrés de lecture, et même au fond de mon rectum je n’en vois pas la moindre trace.Comme le sieur a déjà tout dit (et avec quel brio!), je vais tenter d’amener une forme différente.
Primo, je dirais que cet essai s’apparente à un brûlot réactionnaire à l’encontre de la diversité culturelle. Ce qui peut surprendre, de la part d’un amateur de jeux vidéo, ce loisir constamment decrié par les bien-pensants auxquels ont aurait envie de t’assimiler soudainement. Ensuite, et pour faire un parallèle avec le conservatisme dont tu es taxé, je pense que tu es la proie d’une vision manichéenne cultivée au fil des ans, qui scinde la réalité en deux mondes que tu refuses par dessus tout de voir se rejoindre. Ce texte n’a rien d’une réflexion, c’est une valse des clichés où les paradoxes s’entrechoquent avec la négligence d’un scribe à la plume ardente mais à l’encre faisandée.
16 mai 2008 à 19:11
D’abord, bravo Nekoala. Je te plussoie et t’enscence comme jamais.
Quant à toi, auteur de ce billet, sache que j’aurais pû aisément en rédiger une réfutation point par point, mais j’ai envie de t’amener à réfléchir.
Un peu d’éthymologie pour commencer. L’expression “jeu vidéo” en français (comme en anglais) est un mot composé. Laquelle de ses deux composantes est essentielle?
Si je te dis: millions de pixels, polygones, haute définition, shaders programmables, etc il est clair que mon discours met l’accent sur la vidéo (et le son qui va avec)
Maintenant si je te dis: fun, convivialité, gestes, précision, sensation tactiles, high scores, rejouabilité, durée de vie illimitée il semble évident que je te parle d’un jeu.
La question est donc jeu ou vidéo comme moteur de l’industrie vidéoludique?
Il s’avère, contre toute attente que l’aspect ludique est plus fédérateur et vendeur que l’aspect technique. Comme quoi, les êtres humains n’ont peut-être pas vocation à rester avachis devant des écrans. (tu ne le sais peut-être pas encore, mais ta mère a TOUJOURS raison) L’introduction du mouvement dans le jeu vidéo est donc une évolution aussi logique que vitale pour que ce marché continue à s’étendre.
Il est drôle ensuite de voir les adoslescents d’aujourd’hui se targuer publiquement d’être d’authentiques, geeks, nerds ou hardcore gamers autant de termes péjoratifs pour les générations précédentes.
Car le HCG contemporain ne connait même pas sa place dans la société. Il ignore que la guerre contre les casuals est perdue d’avance car en chaque homme et chaque femme de tous âges sommeille un casual gamer potentiel.
Sa pensée est le reflet du communautarisme ambient qui menace les fondements même de notre civilisation. Travailleurs contre chômeurs, citoyens contre étrangers, secteur privé contre service public, gamers contre casuals … l’humain n’a de cesse de s’attaquer à un “autre” qui n’est au fond qu’un bouc-émissaire cristallisant en fait toutes ses peurs les plus profondes face à une réalité en pleine mutation.
20 mai 2008 à 17:30
Waaaahhh Oldkid comme c’est beau ce que tu dis (mais tellement vrai!)
Et moi je peux dire que sans réfléchir je me caserai dans la catégorie gamer (sans être hard core) et pourtant j’aime le casual (a petite dose tout de même!): pour preuve je suis pour l’instant du moins je crois, l’un des seuls joueurs à avoir joué plusieurs heures à wiiplay et à y retourner de temps en temps!
Et sache que quoi que tu penses, que tu aimes ou que tu detestes, le “casual” c’est l’avenir et que toit et ton billet n’y pouvait rien, désolé!
5 septembre 2008 à 12:56
bah, en fait le problème est pris à l’envers, il me semble, par les nouvelles générations de joueurs (ui celles élevées aux playstations).
A une époque bien lointaine (Atari 2600, ou simplement nes et mastersystem), on étais tous de “casuals”, et c’était nous les plus “hardcoregammers” du monde. On était des joueurs, c’est tout (des salles gosses tout au mieux, mais il n’existait pas encore de terme pompeux pour nous diviser en catégories).
C’était “l’Age d’Or” du jeu vidéo, jusqu’au début des années 90 environ. Chaque jeu (ou presque), était une innovation, et notre capacité d’abstraction prenait le relais sur des graphismes très… figuratifs (mais on trouvait pas ça moche, puisque l’essentiel du jeu se passait en réalité dans notre petite tête d’enfant).
Finir un jeu était une chose incroyable, qui relevait plus du fantastique que du réel. Il fallait, après des mois, voire plus, de pratique quasi quotidienne, et d’échange d’astuce dans les cours de récré (car internet n’existait pas vraiment), laisser la console allumée pendant les repas, voire pendant la nuit (et de préférence un weekend), histoire de pouvoir dépasser le stage3.
Et encore, ça c’était pour les jeux élaborés, ceux qui avaient une fin comme SuperMarioBros ou StreetOfRage. C’était vraiment très dur d’y arriver, mais c’était faisable.
Mais les jeux qui nous auront le plus marqué, comme Joust ou Pacman, eux n’avaient pas de fin. On y jouait c’est tout. Peut-être pour afficher un HighScore, mais surtout pour s’amuser 20 minutes (ou beaucoup plus).
C’était donc des jeux pour casuals…
C’était surtout des jeux INNOVANTS.
Une catégorie de jeu qui n’existe plus.
Bah ui… on joue aux mêmes jeux depuis plus de 10 ans. Le jeux vidéo est une industrie qui s’est sclérosée, victime de son succés. Les jeux sont quasi tous les mêmes, et s’adressent tous à un jeune garçon de moins de 15 ans (dans sa tête) qui pense être mature parcqu’il ya de la violence gratuite sur son écran. Enfin je veux dire à un gamer quoi.
Ui, les autoproclamés Gamers (”hardcore” ou juste “un peu transe un peu snouf”) sont la mort du jeu vidéo.
Il suffit qu’il se passe quelques choses de nouveau (enfin presque nouveau, faut pas non plus délirer) dans cette industrie pour qu’une bande de nerd vienne troller sur ceux qui ne jouent pas comme eux. Alors que rien ne les empêche de continuer à faire leur guerre virtuelle avec des crétins en ligne ou à tunner leur nouveau tas de boue numérique.
Le jeu vidéo n’est pas une industrie culturelle qui manque de moyen, ni d’auteurs inventif. Jusqu’ici il lui manquait un public un peu plus raffiné on va dire.
Le “Casual” est peut-être la lueur d’espoir, la bouffée d’oxygène qui manquait pour sortir le jeu vidéo de la fange dans la quelle il se vautre depuis plus de 15ans…